L’approche d’une situation de multilinguisme ne relève pas de la seule linguistique: la question est aussi sociale, économique, et même parfois éminemment politique.
Telle est, en tous cas, la manière dont elle se présente en Guyane […] Il faut ici faire un détour par la question du “développement” dans sa spécificité guyanaise. Aussi éloigné soit-il de l’Hexagone, tout DOM fait partie intégrante de la France et constitue donc une portion de son territoire national.
Dès lors, on y parle moins de développement que de “mise en valeur”, selon un usage qui fait aussi partie du patrimoine colonial […] Ainsi, à partir du XVIIIè siècle, […] la Guyane a connu de nombreuses opérations de mise en valeur […] L’étude de cas qui va suivre relève, au départ, de ce type d’opération : la “colonie de Mana”, comme on a dit durant plusieurs décennies, est née d’une action purement volontariste, touchant une partie du territoire guyanais encore “vierge”, sur laquelle il convenait d’affirmer l’emprise française […] (lire la suite…)