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Langues dominées et langues dominantes en Guyane : pratiques commerciales et pratiques scolaires à Mana

L’approche d’une situation de multilinguisme ne relève pas de la seule linguistique: la question est aussi sociale, économique, et même parfois éminemment politique.
Telle est, en tous cas, la manière dont elle se présente en Guyane […] Il faut ici faire un détour par la question du “développement” dans sa spécificité guyanaise. Aussi éloigné soit-il de l’Hexagone, tout DOM fait partie intégrante de la France et constitue donc une portion de son territoire national.

Dès lors, on y parle moins de développement que de “mise en valeur”, selon un usage qui fait aussi partie du patrimoine colonial […] Ainsi, à partir du XVIIIè siècle, […] la Guyane a connu de nombreuses opérations de mise en valeur […] L’étude de cas qui va suivre relève, au départ, de ce type d’opération : la “colonie de Mana”, comme on a dit durant plusieurs décennies, est née d’une action purement volontariste, touchant une partie du territoire guyanais encore “vierge”, sur laquelle il convenait d’affirmer l’emprise française […] (lire la suite…)


Les premières générations d’une société créole : Cayenne 1660 - 1700

La ville de Cayenne fut fondée en 1643 sur une petite île entourée de rivières qui la séparent de la côte Nord Est de l’Amérique du Sud.

Bien que quelques Africains ou Afro-américains aient été capturés en 1652, il faudra attendre 1660 pour voir arriver le premier chargement de captifs en provenance d’Afrique.
Une langue créole a dû se former en 1710 au plus tard, plus probablement vers 1700, puisqu’on sait que les enfants blancs élevés par des nourrices noires étaient des locuteurs natifs de créole avant 1743 (Barrère 1743 : 39-40).

Cette langue sera appelée ci-dessous “cayennais”, ou “créole de Cayenne”, afin de la distinguer d’autres dialectes modernes du guyanais ou créole français de Guyane. (lire la suite…)


Une approche sociologique de la Guyane française. Crise et niveau d’unité de la “société créole”

Tour à tour Eldorado ou guillotine verte, pays de l’or ou du bagne, la Guyane est longtemps demeurée inconnue sous ses mythes et ses scandales.
Elle l’est encore aujourd’hui, comme l’atteste la pauvreté de la bibliographie locale : seules, ses populations tribales ont fait l’objet d’études approfondies ; pour le reste, quelques rares tentatives isolées n’en donnent jamais qu’une vision fragmentaire.

En y entreprenant une recherche sociologique, nous avons du faire, avant tout, un travail de prospection, au plein sens du terme, car dès d’abord, la Guyane se distingue par son caractère d’exception.

Lointaine possession française d’Amérique, elle apparait comme le point de rencontre spécifique d’un milieu et d’une double histoire. Ce n’est ni un pays d’Amérique du Sud comme les autres, ni une colonie française comme les autres : le problème indien est un problème de minorité ethnique ; sa population est issue de l’esclavage des noirs africains. (lire la suite…)

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En Guyane : “ethnologie” ou “patrimoine ?”

La crise économique et sociale que connaît la Guyane depuis le début des années 90 a fait apparaître, au-delà des enjeux économiques et de la question sociale, l’importance que revêt dans cette société la question de l’articulation des populations d’origines diverses rassemblées au cours de quatre siècles d’histoire coloniale.

Que cette articulation soit pensée, selon les moments et selon les lieux, sur le mode de l’intégration ou sur celui de l’affirmation des différences, qu’elle s’inscrive dans la continuité de l’appartenance à l’ensemble national français, ou dans une idée nationale guyanaise mobilisant pour une large autonomie ou pour l’indépendance, elle reste toujours perçue comme problématique, plaçant les affirmations identitaires et les revendications qui leur sont liées dans une histoire particulièrement complexe. (lire la suite…)


La créolisation en Guyane : un paradigme pour une anthropologie de la modernité créole

Cette étude s’intéresse au processus de créolisation tel qu’il se joue dans les sociétés nées de la colonisation esclavagiste.
Le cas de la Guyane permet de saisir ce processus dans sa forme première - assimilation minimale par apprentissage forcé des valeurs de la religion chrétienne et du travail - et dans son recentrage autour d‘une dynamique créatrice après l ’émancipation.

Les particularités de la situation guyanaise montrent que cette dynamique fut immédiatement mue par l’individualisme qui, comme principe structurant, marqua d‘emblée le monde créole considéré au sceau de la modernité. (lire la suite…)

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