Structure et Dynamique des écosystèmes inondables (forêt marécageuse, mangrove) du bassin du Sinnamary (Guyane Française)

Le but de cette étude est de caractériser le passage progressif d’une mangrove d’estuaire d’une part, à une formation mixte mangrove – forêt marécageuse d’autre part. Ce travail s’inscrit dans une optique plus large qui vise à comprendre l’évolution de cette mangrove d’estuaire et à prédire, à terme, le sens de son évolution. La structure de la végétation de l’estuaire du Sinnamary (Guyane Française) est étudiée en relation avec les paramètres physico-chimiques du sol et en fonction de l’histoire sédimentaire de la zone.

La zone d’écotone Mangrove – Forêt marécageuse est tout particulièrement étudiée avec la recherche de paramètres caractérisant le gradient de l’influence marine.

Trois types de formations végétales sont décris au moyen de paramètres structuraux (composition floristique, diamètre, hauteur, densités) sur 5 sites répartis sur 350 km² et représentant 26 225 m² d’inventaire. A partir de ces mesures, la dynamique des populations a été mise en évidence. L’évolution des densités au cours du temps, l’accroissement diamétrique annuel et la répartition des espèces majeures ont été caractérisés. Les relations entre les paramètres physico-chimiques du sol et la répartition des espèces ont également été précisées.

Enfin, l’évolution du peuplement au cours des 50 dernières années a été étudiée a travers des photographies aériennes à différentes échelles et la télédétection spatiale. L’étude de la structure du peuplement a permis de caractériser les différents faciès de mangrove observés et de proposer des modèles empiriques d’évolution des paramètres de structure (Composition floristique, densité spécifique, surface terrière). Les relations allométriques entre la hauteur et le diamètre des principales espèces ont également été précisées.

L’étude de la dynamique des populations a permis de rendre compte de la répartition spécifique pour les principales espèces. L’analyse de ces répartitions a mis en évidence les stratégies de colonisation et d’occupation du milieu par les différentes espèces ainsi que les effets des conditions du milieu sur la mise en place de ces stratégies.

Contrairement à ce qui est observé en forêt de terre ferme, l’analyse des données d’accroissement diamètrique a montré l’absence de rythmicité de croissance des individus dans ce milieu. L’étude et le suivi des formations par télédétection (sensus lato) a permis de visualiser et de quantifier les phénomènes de transformation de la mangrove avec une précision toute particulière sur la période d’étude (1996-1998).

Enfin, l’étude des caractéristiques physico-chimiques des sols a permis de mettre en évidence les phénomènes d’évolution des sols et d’en identifier le déterminisme. Les relations sols¬végétation ont été précisées, apportant des données nouvelles pour ces milieux. Les connaissances sur la structure du peuplement, sur la dynamique du peuplement, sur les inter-relations sol-végétation, ainsi que les modèles d’évolution des paramètres structuraux en fonction du temps proposés constituent une base solide pour l’étude de ces milieux à l’échelle régionale par des techniques de télédétection spatiale ou aéroportées et pour la compréhension des mécanismes de transformation de ces milieux.