Connaissance du vivant et gestion de l’environnement chez les Wayãpi (Amérindiens de Guyane)

Le thème de l’abondance et de l’harmonie avec la nature, appliqué aux peuples des forêts équatoriales, est devenu un symbole largement utilisé par tous les mouvements écologistes.
Le plus étonnant dans cette récupération est qu’elle émane de groupes prônant la protection de l’environnement et tout particulièrement celle des espèces animales.

Les Amérindiens du bassin amazonien ne sont pas, au sens où on l’entend aujourd’hui, des protecteurs de la nature, et ce pour la simple raison que ce concept ne les effleure même pas. Plus encore, à écouter leurs conversations quotidiennes, on les sent chasseurs et pêcheurs passionnés.
Pourtant, il est certain que, là où ils vivent encore dans la plénitude de leur culture traditionnelle, la nature amazonienne se porte bien.

Là est la raison de ce qui a pu, par contraste, les faire considérer comme des « conservateurs de la forêt » (POSEY, 1982).
Dès lors que l’on prend la peine et le plaisir de partager pendant quelque temps les activités de subsistance de quelques-unes de ces sociétés, ce qui en ressort n’est pas tant la notion de protection en soi (ce serait la nature conçue du point de vue de l’animal et de la plante) que celle de l’abondance et donc du renouvellement des espèces (c’est la nature conçue du point de vue de l’homme).

Selon l’expression de ROBINSON et REDFORD (1991), il semble bien que l’on soit en présence d’une véritable sustainable harvest des ressources naturelles, que nous proposons de traduire par récolte perdurable.